![]() |
Bibliographie * Documents (textes) * Documents (graphiques) |
Maîtrise d'histoire. Monographies du canton de Vic-en-Bigorre | |
Code INSEE 65320007
Le village d’Andrest se trouve dans la plaine de l’Adour, sur un sol
d’alluvions argilo-siliceuses.
Le village Le village se présente sous la forme d’une juxtaposition de fermes avec granges et jardins, semi-dispersées. Cependant l’observation du cadastre napoléonien ( voir document ) permet d’observer un ensemble de rues et de parcelles régulièrement orientées, avec l’église paroissiale au centre. Un second ensemble est formé par les fermes qui s’alignent le long de la CD 935 ( à l’Est du village ) au Nord et au Sud. Un « halo « d’habitations entourent ces deux structures reconnaissables, ainsi qu’un grand lotissement en construction au Nord-Ouest du village. Deux sites castraux sont repérables, l’un au Sud du village, l’autre à l’écart au Nord-Ouest, près de la route menant à Siarrouy. Par un hasard exceptionnel, un ensemble de chartes concernant ce village a été conservé dans le recueil appelé Livre Vert de Bénac. (1). Le village d’Andrest apparait dans les textes en 1272, date à
laquelle le vicomte de Lavedan Garsie IV échange au comte Esquivat
de Bigorre la vallée de Barèges contre les villages de Prexac,
Bagès, Vier, Andrest,Troignan, et 2300 sols morlans (2).
On sait que vers 1569 le village est détruit et l’église incendiée, pendant les troubles des Guerres de religion. ( ). Il ne subsiste aucun habitat médiéval à Andrest, à l’exception notable d’une maison qui possède des fenêtres à meneau, une porte en pierre à montants chanfreinés et un fronton mouluré sur le mur aveugle Nord. Du fait de l’absence de moulures sur les ouvertures, nous datons cette maison de la fin du XVIème ou du début du XVIIème siècle, ce qui correspondrait à l’époque de reconstruction du village. L’Eglise saint-Barthélémy. En 1330 l’assemblée des Andrestois se fait « in ecclesia beati Bartholomei de Andresto «, les personnes ayant été « congregati ad sonum campane, ut moris est « . le pouillé de 1342 mentionne une ecclesia de Andresto, promue au rang de siège d’archiprêtré, et en 1379 la paroisse est dite pauvre. L’église aujourd’hui visible ne semble conserver que quelques
éléments en remploi. On notera en particulier les arcades
d’un clocher-mur conservées dans le clocher-tour, en pierres calcaires
appareillées en plein-cintre mais avec une mouluration qui rappelle
les arcades gothiques ( Camalès... ), peut-être datables de
la fin du XIIIème siècle. L’église possède
également une sorte de bénitier en calcaire gris dont le
pied est constitué de deux bases de colonnes superposées
( à motif de tore à griffes d’angle, comme on en trouve
à Morlaas dès le XIème siècle et dans les cloîtres
tarbais au XIIème siècle ). Cependant l’emploi inhabituel
de ce calcaire gris en plaine, et les traces nombreuses de laye et de boucharde
nous incitent à penser qu’il s’agit d’une copie moderne.
Cette église est dotée aujourd’hui d’une vôute en bois, suite à l’effondrement au XXème siècle de la vôute de pierre dont ne subsiste qu’un arc doubleau. La motte d’Andrest. Au Nord-Ouest du village actuel, elle a été en grande partie détruite par une dérivation du canal de la Gaou. Il n’en subsiste qu’une motte tronquée placée à l’angle sud-Est d’une plateforme quadrangulaire délimitée par un fossé. Sans doute antèrieure au canal qui la détruit lentement, nous nous demandons si cette dérivation du canal n’a pas été voulue au XIIIème siècle pour alimenter en eau les fossés de la plateforme aujourd’hui presque comblés. Nous n’avons trouvé qu’une seule mention documentaire de cette motte, qui est qualifiée en 1303 de « casted ancia « , sans doute par opposition au « castet « ( ). Le « Castet « Au Sud du village, ce site est bien lisible sur le cadastre de 1808
et sur le terrain.
La plateforme est aujourd’hui occupée par une ferme moderne, mais on peut encore voir d’épais murs médiévaux ( environ un mètre ) faits de galets liés au mortier, et au Sud des bases de galets et de briques signalant l’accès primitif par un pont. Au Sud de la plateforme nous avons trouvé des tessons de céramique rouge guillochée ( XIVème siècle ) et des morceaux de terre cuite non identifiés signalant un habitat médiéval disparu. Le territoire communal. Le territoire communal présente quelques toponymes intéressants: prats debat ( les prés de derrière ), les vignes, le bosquet rappellent l’usage des terres par les villageois, crabaro au Sud peut se rapporter à l’élevage ovin ( crabarou, le chevreau ). Les hosses ( les fosses ) rappellent l’existence de fosses communes creusées au XIXème siècle. On nous a également signalé à l’Est du village un champ des crestias, seul souvenir d’un habitat des cagots. Plus intéressant, au Sud du territoire communal existe un chemin de Trougnan, signalant l’emplacement d’un village disparu. Le village est échangé au vicomte de Lavedan en 1272 ( voir plus haut ). En 1614, Guillaume Mauran dit que « durant la vie dudit Arnaud de Lavedan, fut fait le changement ou transmigration du lieu de Troignan au lieu ou est maintenant le lieu d’Andrest, de telle façon que le terroir de Trougnan demeura dépeuplé de maisons et réduit en labourage, et jusqu’aujourd’huy a été la métairie du château d’Andrest. » L’église de Trougnan est citée en 1342: « Item archipresbiter de Orleixo habeat sub se capellanos et ecclesias (...) de Troinhano «, mais n’est plus citée ensuite. Au Nord-Est du village, au bord de la CD 935 existe également
une rue de Saint-Vincent. Une église Saint-Vincent existait là,
dans le cimetière duquel les habitants d’Andrest étaient
enterrés jusqu’en 1740, alors que l’église paroissiale possédait
aussi un cimetière. Cette église fut rasée lors de
la construction au XVIIIème siècle de la CD 935. Des travaux
de réfection effectués il y a quelques années, ont
permis à l’ancien instituteur de repérer deux murs parallèles
orientés Est-Ouest, ainsi que de nombreuses inhumations dont ceraines
avec des coquilles Saint-Jacques.
On nous a signalé divers sites antiques ( présences de tegulae, de tessons d’amphores... ) dans les champs situés le long de la voie antique dite la poutge, à l’Est du village ( voir annexe ). Essai de synthèse L’importante documentation et les vestiges archéologiques nous permettent de tenter une reconstitution sommaire de l’histoire de cet intéressant village. Un noyau de peuplement a pu se former le long de la voie antique de
la poutge, sous la forme d’au moins une villa et d’autres habitats.
A une époque indéterminée ( XIème siècle
? ) une motte s’est installée près d’Andrest- Saint-Vincent.
Le village actuel résulte de ces différents évènements,
avec des fermes subsistant à l’emplacement de l’ancien castelnau,
des habitats qui se développent le long de la route CD935 créée
au XVIIIème siècle, et, retour curieux de l’histoire, un
lotissement moderne qui se développe près de l’ancienne poutge
sur les habitats gallo-romains.
|
|
Tous droits réservés
par l'auteur
Pour me contacter: stephane.abadie@ac-toulouse.fr |
![]() |
![]() |
![]() |
Dernière
modification :